La vallée de Viñales
Carnet de voyage Cuba
Lundi 14 avril, nous faisons étape à Pinar del Río, 120 000 habitants, capitale de la province du même nom, pour déjeuner et visiter la fabrique de cigares pour découvrir les différentes étapes de la fabrication d'un havane. Dans l'atelier de roulage, un employé, assis devant son bureau sur l'estrade au bout de la pièce, lit des articles de journaux ou des histoires aux dizaines de rouleurs (torcedores) pour les distraire. Un cigare se compose d'une «tripe», d'une «sous-cape» et d'une «cape». La tripe quant-à elle comprend le «ligero» (qui donne au cigare sa force) entouré du «seco» (lui confère l'arôme) puis du «volado» (assure la combustion du cigare). La tripe est enveloppée dans la sous-cape et l'ensemble est placé dans un moule sous presse pendant une vingtaine de minutes. La cape vient recouvrir le tout et le cigare est ensuite coupé aux bonnes dimensions. Un bon torcedor peut paraît-il rouler jusqu'à 120 cigares par jour et il lui est permis d'en fumer autant qu'il le souhaite (ou qu'il le peut) pendant son travail.
Souriez pour la photo !
Le tabac est cultivé dans toute l'île de Cuba mais le meilleur connu sous le nom de «Vuelta Abajo» pousse autour de Pinar del Río. Les terres rouges et sablonneuses du Vuelta Abajo couvrent à peine 2% du territoire cubain mais produisent près de 40% de la récolte de tabac. Seule la région de Pinar del Río et de Sancti Spíritus, au centre de l'île, produisent un tabac de qualité supérieure servant à la confection des fameux havanes. Quant-au reste de la récolte elle est utilisée pour faire les cigarettes.
N'étant pas expert dans le processus de fabrication du cigare, je préfère une nouvelle fois me décharger de toute responsabilité et citer mon guide. attention ça va être long ! non-amateurs s'abstenir (faites tout de même un effort !) : «Le développement, la récolte et le traitement du tabac se font à la main. Les jeunes pousses sont transplantées de la pépinière entre octobre et décembre quand elles mesurent 18-20 cm, en prenant soin de ne pas abîmer les racines fragiles. Une semaine après, on les désherbe et au bout de deux semaines la plante est déterrée pour maintenir son humidité et pour augmenter l'absorption des substances nutritives. (.) Entre janvier et mars, deux ou trois feuilles sont cueillies à la main, tous les cinq jours, en commençant par le bas de la plante. Elles sont ensuite cousues par paires et suspendues pour les faire sécher dans une cabane de chaume. Quand au bout de 50 jours, elles ont changé de couleur, on les considère comme sèches. Puis elles sont empilées durant 30 jours, le temps que la première fermentation s'effectue, à une température de 35°C. Les feuilles sont ensuite classées en fonction de leurs taille, couleur et qualité. Après avoir séparé la feuille de la veine principale, elle est humidifiée et empilée à nouveau pour la seconde fermentation qui dure 60 jours à une température de 42°C. Et pour finir les feuilles sont mises à vieillir pendant des mois, voire des années, avant d'être roulées par les mains expertes d'un ouvrier.»
Suit ensuite tout le processus de roulage du cigare, déjà décrit plus haut, avec les différentes feuilles et couches le composant. «Le contrôle de qualité est très strict. Tout cigare dont la taille, la forme, l'épaisseur et l'apparence ne conviennent pas, est rejeté. Les autres sont conservés à une température de 16°C à 18°C et à un niveau d'humidité de 65% à 75% durant plusieurs semaines. Ensuite, en fonction de leur couleur -il y a 65 tons- un spécialiste les classe dans une boîte en cèdre, des plus foncés aux plus clairs, de gauche à droite. Les boîtes sont finalement scellées avec le tampon de la garantie gouvernementale (.).»
La route de Pinar del Río à Viñales
Après l'étape déjeuner à Pinar del Río, nous repartons en direction de Viñales à vingt-cinq kilomètres plus au nord, sur une petite route en très bon état qui monte légèrement et traverse les magnifiques collines boisées de pins de la Sierra de los Órganos. Après un quart d'heure de trajet le magnifique panorama de la vallée de Viñales s'offre à notre gauche. Cette terre rouge et verdoyante, entrecoupée de massifs calcaires aux pentes abruptes, les mogotes, figure sur la liste du Patrimoine mondial depuis 1999.

Une promenade campestre dans la vallée
La magnifique vallée de Viñales
Peu après avoir traversé le charmant village de Viñales, nous arrivons à l'hôtel Rancho San Vicente, composé d'une vingtaine de bungalows assis dans un décor boisé et campagnard, et agrémenté d'une piscine.
Arrêt à la buvette avant d'arriver à l'hôtel

A chacun son rythme
Auteur : Philippe Kauffmann
Site Web de l'auteur : http://www.cap-plein-sud.com





