Varadero, la péninsule aux touristes
Carnet de voyage Cuba
Nous reprenons la route de Trinidad à Cienfuegos où nous nous arrêtons pour prendre un stop un jeune Cubain qui y possède une «casa particular» pour héberger les touristes. Une nouvelle fois victimes du manque d'indicateurs routiers nous ratons la sortie d'autoroute que nous pensions emprunter et optons pour en prendre une autre en nous aidant avec la carte routière. La province de Matanzas est relativement prospère et possède de nombreuses routes secondaires en bon état.
Nous arrivons finalement à la ville portuaire de Matanzas, à 90 kilomètres à l'est de La Havane. Cette ville côtière de 120 000 habitants, capitale de la province de Matanzas, est un important port sucrier et possède la plus grande centrale thermoélectrique de l'île. Nous n'y faisons pas étape et continuons directement vers Varadero, reliée à Matanzas par une route à quatre voies de 34 kilomètres.
Avant d'entrer dans la péninsule, un barrage de police filtre la circulation pour empêcher les Cubains de profiter des charmes de la station balnéaire et pour éviter qu'ils se mêlent aux touristes.
Un peu d'histoire
Varadero, station balnéaire la plus réputée de Cuba, est construite sur la péninsule d'Hicacos longue de vingt kilomètres et large de sept cent mètres en moyenne.
A la fin du XIXe siècle les riches familles de la ville voisine de Cárdenas commencèrent à y construire les premières maisons de vacances et en 1915 fut inauguré le premier hôtel de la péninsule, le Varadero. Varadero devint rapidement la station balnéaire préférée des riches Nord-américains et la construction de la péninsule s'accéléra durant les années 1950.
La Révolution cubaine interrompit brusquement l'expansion effrénée de Varadero quand le nouveau gouvernement promulgua une loi garantissant aux Cubains la liberté de pouvoir profiter de toutes les plages de l'île. Dès lors les seuls étrangers à fréquenter Varadero furent essentiellement les Soviétiques.
Les années 1990, la chute de l'URSS et la fin de l'aide financière à Cuba, obligèrent le gouvernement castriste à réactiver le tourisme à Varadero en attirant les capitaux étrangers et essentiellement les voyageurs européens [Le grand guide de Cuba, Gallimard, 2002].
Un paradis pour les oiseaux en cage.
Aujourd'hui Varadero compte cinquante-cinq hôtels sur le front de mer et près de 20 000 chambres dans l'ensemble de la péninsule. Les projets de construction continuent et les investisseurs sont avant tout européens et latino-américains.
Nous avons logé dans le très bon hôtel «Cuatro Palmas» de la chaîne française Accor, comprenant 343 chambres, une piscine, restaurants et boutiques de luxe, et avec surtout accès direct à la plage. Longue étendue de sable blanc, mer turquoise à bonne température, parasols, chaises longues, etc.

L'hôtel Cuatro Palmas de Varadero
En résumé Varadero est une grande plage remplie de grands hôtels, de boîtes de nuit, de restaurants, de bars et de touristes étrangers, Français, Italiens, Anglais, Mexicains, etc. Pour qui souhaite passer quelques jours d'absolu farniente à admirer inlassablement la plage blanche, la mer turquoise et le ciel bleu, c'est l'idéal, pas de doute. Nombreux sont les voyageurs étrangers qui atterrissent directement à l'aéroport international de Varadero et restent prostrés sur les transats pendant une semaine. Difficile de dire qu'ils auront vu Cuba.
Car si Varadero possède incontestablement de jolies plages et une infrastructure touristique de très haute qualité, il n'en reste pas moins que c'est une station balnéaire superficielle et sans âme, à mille lieux de l'authenticité que l'on peut trouver dans le reste de Cuba.

Varadero, ses plages... et ses plages
Varadero c'est également le lieu où la séparation entre Cubains et étrangers est la plus visible et la plus criante. Les seuls natifs que l'on y rencontre travaillent dans les hôtels et les restaurants.
Ma conclusion est la suivante : Varadero est une étape intéressante, idéale en fin de voyage pour y passer quelques jours de détente complète, entre baignades, lectures et cocktails. Mais il ne s'agit pas d'une destination indispensable et ceux qui se seront limités à Varadero seront sans aucun conteste passés à côté du meilleur de Cuba : les Cubains.

¡Hasta la vista Cuba!
Auteur : Philippe Kauffmann
Site Web de l'auteur : http://www.cap-plein-sud.com




