Slow tourisme
Le plaisir de voyager lentement
« Vous les Occidentaux, vous avez l'heure, mais vous n'avez jamais le temps » disait Gandhi. A l'époque du « toujours plus vite, toujours plus loin », certains réfractaires défendent, adoptent ou découvrent le « tourisme lent ». Une façon de voyager hors des sentiers battus ou des circuits tracés qui dévoilent effrénément leurs lots de visite, d'activités et de transferts. Suivant la vague du « slow food », mouvement italien lancé en 1986 en opposition au fast food, le tourisme lent véhicule des valeurs écologiques et humanistes.
Certes le tourisme lent est avant tout un état d'esprit. Nul besoin de définir le concept ou d'en faire la publicité pour trouver de nouveaux adeptes. Mais, face à la prise de conscience des méfaits causés par le tourisme de masse sur l'environnement, le « slow tourisme » commence à être discuté et défini.
Pas encore un mouvement, le tourisme lent en est à ses prémisses et se définirait plus comme une idée, un concept.
Ghislain Dubois, chercheur à l'Université Versailles - Saint Quentin en Yvelines et auteur de l'article Le long chemin vers le tourisme lent nous aide à dessiner les grands traits de cette mouvance : « Par analogie au « slow food », le tourisme lent allie protection de l'environnement, respect des cultures et des identités locales et plaisir de voyager ». Selon lui, l'ère de l'hyper mobilité tend à être progressivement éclipsée par l'ère de la lenteur et « le discours dominant est en perte de vitesse ». Certes la demande n'est pas encore homogène mais le tourisme classique (randonnées, tourisme fluvial) commence à redorer son blason.
Le pèlerinage, par exemple, est pratiqué par de plus en plus de français, même non croyants, soucieux de faire une pause et de se ressourcer. Dans un même esprit d'authenticité et de tourisme alternatif, le woofing et le couchsurfing séduisent de plus en plus.
Comment est-on alors passé des vacances « jet-set » à Saint Jacques de Compostelle ?
Crise économique et écologique, essoufflement de la surconsommation et de l’hyperactivité, l’époque se prête à une remise en question des valeurs et des besoins de l’homme. Le tourisme lent serait alors une façon de « positiver les contraintes » selon Ghislain Dubois. Comment réduire son impact sur l’écologie et, de façon plus pragmatique, son budget vacances ? En privilégiant les destinations plus proches, les transports non motorisés, en (ré)apprenant à découvrir ce qui nous entoure. Voilà les grands traits du « slow tourisme ».
Le phénomène du « staycation » apparu aux Etats-Unis en 2008, et développé depuis en Europe, illustre bien cette tendance, où les gens, poussés par des considérations financières et écologiques, préfèrent rester chez eux pendant les vacances à profiter des parcs, musées et piscines alentours que de partir loin.
Même lors de vacances à l’étranger, la tendance se décline pour faire éclore des séjours à long terme, ambiance développement durable et harmonie avec le pays. Pour exemple, le tour opérateur Voyageurs du Monde propose des séjours sur le thème de la flânerie ou de la rencontre avec l’autre, avec par exemple la possibilité d’aller dormir dans un monastère en Birmanie ou de vivre dans un ranch de l’Ouest-Américain.
A l’autre bout du monde ou à côté de chez vous, réapprenez à prendre le temps.
Morgane Pellennec
Publié le 26/08/09


