1. Attention, si votre ancien mot de passe ne passe pas, vous devez faire une demande de régénération du mot de passe en cliquant vous avez oublié votre mot de passe ? sous la fenêtre de connexion.
    Rejeter la notice

Circuit missions jésuites de la Chiquitania

Discussion dans 'Bolivie' créé par julie1504, 17 Janvier 2013.

  1. julie1504

    julie1504 Membre

    Inscrit:
    12 Mars 2011
    Messages:
    32
    J'aime reçus:
    0
    Localité:
    Lyon
    Bonjour à tous,

    Je poste un circuit dans les missions jésuites de la Chiquitania, au départ de Santa Cruz. Les photos sont sur mon site : http://julieolagnol.e-monsite.com/pages ... tania.html


    Dans la torpeur des missions de la Chiquitania

    Inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco, c’est le film Mission, de Roland Joffé qui les a fait découvrir au grand public. Le circuit des missions jésuites, de San Javier à San José, à l’Est de Santa Cruz, décrit une boucle de plus de 1 000 kilomètres dans la Bolivie des anti-Evo Morales. Dans la torpeur des missions, on découvre comment un peuple indigène, les Chiquitanos, ont vécu la présence des missionnaires, et comment, aujourd’hui encore, ils sont tout dévoués à leurs églises.

    Sur la place du village, pas un murmure. La chaleur est étouffante dans cette partie Est de la Bolivie, avec un écosystème entre la savane et le marécage. Les enfants, dans leur uniforme blanc immaculé, se rendent aux écoles des missions. Ils ont cours le matin, ou bien l’après-midi, et font de la musique à l’église. Leurs parents sont employés dans les ateliers de fabrication de bois ou d’instruments de musique. La vie est articulée autour des missions. Les offices, tous les soirs, sont largement suivis. En tout point semblables à nos messes, ils sont dits en espagnol par un prêtre blanc, le plus souvent Autrichien ou Allemand. Les chanteurs sont accompagnés à la guitare, ce qui donne un ensemble très harmonieux.

    Loin de l’effervescence commerciale de la moderne Santa Cruz, les Chiquitanos sont peu causants, sauf à parler de politique. « Le président est raciste. On ne peut pas soutenir quelqu’un qui croit au Dieu Soleil et au Dieu Terre », explique un exploitant forestier en déplacement, une brochure religieuse à la main. « Nous ne pouvons pas travailler et donner tout notre argent aux indigènes de La Paz qui ne font rien à part des enfants », appuie-t-il. Le même discours revient dans toutes les bouches. Fervents catholiques, les Chiquitanos d’aujourd’hui sont le symbole d’un métissage réussi par les Espagnols, mais ils représentent surtout l’assimilation parfaite des idéaux des prêtes.

    XVIIe siècle. Les colons ont fondé des villages dans la Chiquitana, tout en utilisant la main d’œuvre indigène. L’objectif initial de ces expéditions était en fait les légendaires mines d’argent. Au XVIIIe siècle, des missionnaires, formés dans les séminaires à Tajira, au Sud du pays, viennent évangéliser les Indiens Chiquitanos. Cette appellation, qui regroupe en fait différentes ethnies, correspond au mot guarani « petit ennemi ». Soixante-quinze ans après l’arrivée des jésuites, les langues locales sont perdues.

    Les églises ont été construites petit à petit par le père suisse Martin Schmid, à partir de 1749. En 1767, les jésuites sont expulsés des missions par les Espagnols eux-mêmes, mettant fin à un modèle social communautaire à la limite de l’utopie. L’existence des missions constitue en effet une entrave à la mise à sac de cette partie du continent par les colons. On comprend mieux pourquoi les indigènes, après le départ des jésuites, ont poursuivi leur œuvre. Hans Roth, un autre prête suisse, sera, 230 ans plus tard, l’artisan de la restauration des églises.

    L’offre touristique n’est très développée dans la région. Ce qui garantit le repos du routard. Outre l’aspect culturel et architectural des églises, les missions permettent une immersion dans une autre Bolivie, enclavée entre Santa Cruz, mégalopole de huit anneaux en plein développement à l’Ouest, et le pantanal brésilien, plaque tournante de tous les trafics, à l’Est. Une Bolivie que l’on pourrait appeler, « l’enfer vert des missions ».

    San Javier
    - 220 km de Santa Cruz, environ 4 heures de route, 25 bolivianos.
    - transports : départ toutes les deux heures de Santa Cruz.
    - hébergement et restauration possibles, surtout en saison sèche (été européen).
    A faire : visite de l’église.

    L’église, édifiée de 1749 à 1752, est d’influence baroque germanique. Certains détails sont très intéressants, la vierge entourée de têtes d’angelots, les sculptures naïves, comme celle de l’indigène à la pomme, ou encore les dessins de roses sur la chaire. De petites lucarnes éclairent l’autel. Quant aux grands piliers en colimaçon, on les retrouve dans la plupart des églises des missions.


    Concepción
    - 80 km de San Javier, environ 1 h 30 de route, 10 bolivianos.
    - transports bus assez fréquents depuis Santa Cruz ou San Javier ; correspondance le soir pour San Ignacio.
    - hébergement et restauration possibles mais qualité inégale.
    A faire : visite de l’église, petit musée des missions, jardin des orchidées, plan d’eau au barrage, visites des ateliers.

    L’église, de 1753, est plus chargée que celle de San Javier avec son retable rouge et or. Le chemin de croix, art naïf, est très amusant. Les tableaux de la passion du Christ sont replacés dans un contexte familier des indigènes boliviens : avec une chasse au guépard par exemple. Sur les tableaux, le message est clair : fini de jouer avec les singes, il est temps de lire la Bible. Dehors, le campanile, le plus beau de toutes les missions, en colimaçon, a été peint en noir. Il est possible de faire un tour dans les ateliers de menuiserie et de fabrication d’instruments de musique, seule source d’emploi au village.


    San Ignacio de Velasco
    - 180 km de Concepción, environ 4 heures de piste, 40 bolivianos.
    - transports : correspondance pour San Miguel, Santa Ana et San Rafael assez fréquentes.
    - nombreux hébergements.
    A faire : visite de l’église, grottes - en fait juste un trou - accessibles en scooter, lac, à quelques centaines de mètres de la place.

    A une heure de route du Brésil, San Ignacio, plaque tournante commerciale de la région, a une certaine effervescence. Elle est d’ailleurs plus grande que les autres missions. Elle est aussi le lieu de tous les trafics : voitures volées, identifiables à l’absence de plaque d’immatriculation, drogue…Le soir, San Ignacio n’est pas franchement hospitalière. L’église, entièrement brûlée, a été reconstruite en 1950. C’est pourquoi le clocher est en béton.


    Santa Ana
    - environ 40 km de San Ignacio, moins d’une heure, pour une poignée de bolivianos.
    - un bus par jour depuis San Ignacio ; correspondance une fois par jour pour San Miguel et San Rafael, souvent le matin.
    - peu d'hébergement et de restauration.
    A faire : visite de l’église (demander la clé au fond du village), musée de la culture Chiquitana, jardin ethnobotanique et potager typique des missions en saison.

    C’est la plus petite des missions. Le village ne compte que 600 âmes. Isolé de tout, les maisons d’hôtes et les épiceries triplent les prix. Un petit musée ethnographique gratuit renseigne sur les Chiquitanos ou « petit ennemi ». Ils menaient une vie communautaire et nomade et abandonnaient leurs ustensiles en quittant un lieu. Aujourd’hui, ils gardent toujours une part de leur religion et de leur médecine, malgré l’influence des jésuites. Le commentaire par les villageois est intéressant. Une procession se déroule dans l’église tous les mercredis, dans le parc tous les vendredis et le chemin de croix a lieu tous les dimanches. L’église est sombre, tout en bois de motacu, un palmier. Sainte-Anne, dont la statue trône, est célébrée tous les 26 juillet. Il est bon de savoir que les habitants ont achevé eux-mêmes la construction de l’église après l’expulsion des jésuites. En saison, il est possible de visiter gratuitement un jardin typique des missions et d’en apprendre davantage sur les plantes médicinales.


    San Rafael
    - 23 km de Santa Ana, une demi-heure de piste.
    - les transports sont rares, les bus passent une fois sur deux le matin, une fois sur deux le soir.
    - hébergements et commerces sur la place.
    A faire : visite de l’église.

    Le village de San Rafael est très agréable avec de l’animation, des restaurants et des commerces sur la place du village. Construite de 1740 à 1748, l’église a été restaurée par Hans Roth en 1970. La chair, aux éclats de mica, repose sur des indiens aux cheveux dressés sur la tête. Sa rampe d’accès est ornée de facies de chiens et de chevaux. L’autel est parsemé de petits miroirs. Enfin, on remarque de nombreuses fresques d’anges musiciens et un aigle à deux têtes, en haut.


    San José
    - 180 km de San Rafael, quatre heures de piste, 30 bolivianos.
    - ligne de train pour Santa Cruz ou le Brésil, au milieu de la nuit (prendre la classe Pullman, impossible de dormir en classe économique), 280 km, 5 à 7 heures de train, 23 bolivianos.
    - hébergement et restauration sur la place principale.
    A faire : promenade dans la ville et visite de l'église.

    Toute en pierres ocres, avec des portes en bois, l’église ne possède pas de campanile. Au milieu du petit jardin, une statue. Le village, doté d’une gare, est beaucoup plus vivant que les autres missions. Entre midi et trois heures, tout est fermé. La place principale est agréable, sinon rien d’autre à faire que l’église car la chaleur est suffocante.
     

Partager cette page