Les petites soeurs voisines de la Guadeloupe
La Guadeloupe, un archipel nommé plaisir
Les Saintes, calmes et volupteuses
Ce sont les « Tourments d’Amour » qui attendent les visiteurs au débarcadère à Terre-de-Haut. Non il ne s’agit pas de peines de cœur (quoi qu’on pourrait y penser lorsqu’il s’agit de quitter cet endroit très attachant !), mais de petits gâteaux fourrés à la confiture de coco, que proposent certaines vendeuses ambulantes à la peau et aux cheveux étonnamment claires et aux yeux bleus (des pêcheurs bretons ne seraient-ils pas passés par ces terres ?), parfois coiffées de leur salako typique (sorte de chapeau d’inspiration tonkinoise fait de lamelles de bambou recourbées et recouvertes de tissu madras). Il faut se faire une idée par soi-même et y goûter en posant le pied sur cette terre toute en couleurs et en chaleur. Le tour de l’île est tout à fait possible en une journée, mais quel dommage ! Pourquoi ne pas profiter de sites exceptionnels comme la plage de Pompierre et Anse Pain-de-Sucre, véritables petits bijoux de sable et d’eaux bleues, et des petites pensions nichées dans la nature ? Ici, la voiture est proscrite, on fait tout en scooter, et il n’est pas rare d’en croiser avec bien plus de deux passagers ! C’est surtout Terre-de-Haut qui attire et qui a développé son tourisme. On y visite le Fort Napoléon gardés par son régiment d’iguanes, et qui porte le nom d’un empereur qui n’y a jamais mis les pieds ! Son ascension vaut le coup car elle est récompensée par une vue sur la quasi-totalité de l’île à près de 120 mètres d’altitude. La balade sur le Mont du Chameau livre également un beau panorama sur l’île du haut de ses 300 mètres, ainsi que sur la Guadeloupe, la Dominique, Marie-Galante et parfois la Martinique. Terre-de-Bas est plus discrète, beaucoup moins fréquentée et aménagée, car très fortement touchée par les catastrophes successives de 2001 à 2004. Gageons qu’il faudra encore un peu de temps pour que cette partie de l’archipel s’ouvre plus volontiers aux visiteurs.
La Désirade, la discrète bien nommée
La Désirade gagne de loin le concours de la discrétion et du secret bien gardé. Le tour de l’île fait 20 kms et on s’y lance à pieds ou en 4x4, étant donné qu’il n’y a qu’une seule route goudronnée, le reste des voies se résumant à quelques pistes. L’endroit est déroutant, car il a su garder charme et authenticité et la population y est souriante et accueillante, deux qualités qui manquent parfois à leurs voisins. Le tourisme ne s’est pas développé au même rythme que chez sa grande sœur ou dans les îles alentour, et les adresses de restaurants et de pensions ne sont pas légion dans certains coins. Il fait bon se balader en toute tranquillité de Beauséjour à Baie-Mahault en passant par la paisible plage du Souffleur et en admirant les différentes espèces de cactus qui y prospèrent, comme le surprenant « Tête à l’Anglais » surmonté d’une boule rouge. La Désirade est donc une pause dans le temps, une parenthèse dépaysante très agréable à ouvrir.
Marie-Galante, "la galette" charmante
Bien que son surnom soit « la galette » et qu’elle soit jumelée avec Belle-Ile-en-Mer, Marie-Galante n’a pas grand-chose à voir avec la Bretagne. Certains vous diront qu’elle est le portrait d’une Guadeloupe rêvée, moins touristique, plus authentique. Ici, pas question de retrouver le désordre et le bruit de Pointe-à-Pitre ou les grands complexes hôteliers de Sainte-Anne ou du Gosier. Les Galantais tiennent à leur tranquillité. Alors même si le progrès et la loi du tourisme ont gagné un peu de terrain, les hôtels ne dépassent pas la centaine de chambres et les rares voitures croisent toujours, aux abords des champs, les cabrouets (charrettes en bois, symboles de l’île) chargés de cannes à sucre tractés par deux zébus et menés par les exploitants agricoles. La visite de l’Habitation Murat,
ancienne grande exploitation sucrière où plus de 300 esclaves travaillèrent, est conseillée pour son poids historique, ses jardins et sa maison de maître néoclassique (en rénovation) que viennent orner les flamboyants aux fleurs rouge orangé. Les visiteurs sont relativement peu nombreux à faire la traversée depuis Pointe-à-Pitre. Mais ceux qui en ont la bonne idée regrettent souvent de n’y rester que peu de temps. L’île porte en elle un charme fou, une nonchalance qui berce et séduit d’une anse à une autre. Là encore il faut s’attarder quelques jours pour en ressentir les bienfaits et en apprécier toutes les ambiances, de Capesterre à Petit-Bourg, de la distillerie Bielle (qui produit le rhum le plus réputé de l’archipel) à celle du Père Labat (dont l’élixir atteint les 59° !). On y trouve d’ailleurs la plus belle plage de Guadeloupe, celle de la Feuillère, une étendue de sable presque immaculée, léchée par une eau irréelle et bordée de palmiers et de cocotiers qui complètent ce décor de carte postale. Toute en simplicité et en beauté désuète et langoureuse, Marie-Galante n’en a pas fini de faire rêver ceux qui l’ont découverte, même bien après leur retour en métropole.
Audrey Bonnet
Publié le 10/11/09
Crédit photos : ©Comité de Tourisme des Iles de Guadeloupe
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