Dynamisme et métissages à l'Ile Maurice

Ile Maurice, un bijou sur l'océan

temple hindouOn l’aura compris, l’Ile Maurice est une terre de couleurs à travers ses plages et son décor naturel. D’abord terre hollandaise, puis française, puis anglaise avant de devenir indépendante en 1968, cette tendance s’étend aussi à sa population, d’une extraordinaire mixité. En effet l’île est un melting-pot entre les populations indienne, africaine, européenne et chinoise qui coexistent sans heurts. Les cultures sont mélangées, ainsi que les traditions, religieuses, culinaires, sociales. Une visite à l’Ile Maurice s’apparente parfois à un parcours international qui offre au visiteur des échantillons de vies et de cultures différentes et enrichit le voyage. On parle une multitude de langues, l’anglais et le français bien sûr (les « ch » devant des « ss »…c’est si « ssarmant » !), mais aussi l’hindi, le bhojpuri (mélange de créole et d'hindi), l'ourdou, le tamil et le hakka(un dialecte chinois). Le sourire est omniprésent, l’échange est facile, près d’un temple hindou ou d’une mosquée, à un stand de rue ou dans un taxi. Et ça fait du bien !

église de Cap MalheureuxPlusieurs sites donnent à voir cette diversité. La capitale et port principal de Maurice, Port Louis, fondé par le gouverneur français François Mahé de La Bourdonnais en 1735 de l’UNESCO. Caractéristique des dépôts construits dans la seconde moitié du XIXe siècle, ce lieu est un symbole pour les Mauriciens qui peuvent y retracer l’histoire de leurs aïeux et commémorer tous les ans le 2 novembre l’arrivée des premiers travailleurs engagés. A l’intérieur des terres, on peut également visiter le Musée Ethnographique de l’Immigration Indienne, qui retrace la vie quotidienne des coolies indiens au XIXe siècle. Pour un aperçu plus général de l’histoire de l’île, on se dirigera vers Mahébourg, au Sud, où le Château Robillard datant du XVIIIe siècle abrite le Musée d’Histoire Nationale. La visite multiculturelle se poursuit au Nord, à Triolet, le plus long village de l’île où l’on peut voir le temple Maheswarnath, le plus grand temple hindou (Shivala) construit en l'honneur des dieux Shiva, Krishna, Vishnu, Muruga, Brahma et Ganesha.

Démonstration de danse sur le sableCette mosaïque de couleurs, d’origines, de langues se retrouve les jours de marché et dans les foires. Au marché central de Port Louis, à Flacq les mercredis et dimanches, ou à Goodlands, le parfum entêtant de l’Ylang-ylang se mêle à la cardamone, aux quatre épices, au curry et au massale dans le joyeux brouhaha des négociations. A Quatre Bornes, le tissu est roi lors de la foire les jeudis et dimanches : prêt-à-porter, coton imprimé, tout y est ! Pour aller à la rencontre des Mauriciens et partager des moments de joie à leurs côtés, il faut se rendre aux Champs de Mars de Port Louis. Cet hippodrome voit tout au long de l’année des centaines de milliers de personnes venir assister à des courses effrénées où se mêlent passion et amour du jeu. Enfin, rien ne vaut un petit concert de sega, cette musique endiablée aux origines africaines, et une démonstration de danse sur le sable, aux heures calmes d’un début de soirée.

L’île s’est développée à vive allure ce qui n’a pas manqué de changer le visage de certaines régions, sans pour autant les anéantir sous la couche épaisse du tourisme de masse. Ainsi, si Grand Baie au Nord est devenu le lieu incontournable des visiteurs pour le shopping et les loisirs, non loin de là, Cap Malheureux reste le village le plus pittoresque du pays avec sa belle chapelle à la toiture rouge faisant face à l’océan. Le dynamisme et l’authenticité se côtoient dans un mélange savamment dosé. Si l’on ajoute à cela l’atmosphère paisible de l’île entière et la gentillesse de ses hôtes, on pourrait dire sans exagérer que l’une des phrases les plus prononcées par les visiteurs en quittant le sol mauricien est : « C’est sûr, un jour je reviendrai ». Chiche !



Audrey Bonnet
Publié le 12/01/2010

Crédit photos: © Office de Tourisme de l'Ile Maurice / Bamba Sourang