Monuments d’Istanbul

Les stigmates d’un prestigieux héritage


Loin de se noyer dans le vague à l’âme de son passé glorieux, Istanbul, célébrée comme l’une des trois plus importantes capitales antiques, se renouvèle et épouse parfaitement l’évolution vers d’autres horizons. Elle symbolise d’ailleurs le centre économique de la République Turque où les pétroliers et navires marchands affluent dans les eaux du détroit de Bosphore.
 Pourtant, sa mosaïque de monuments et autres merveilles d’architecture ensorcèle toujours le visiteur. Et le plonge dans l’éclat éternel des contes féériques qu’Istanbul inspire.
Musées, églises, palais, mosquées ….habillent la vieille ville et révèlent son âme immortelle.
Visite !

Les musées

Sainte SophieLe plus illustre et remarquable demeure la Basilique Sainte Sophie fondée au VIème siècle par Constantin. Edifiée sur la 1ère des sept collines du vieux Constantinople, l’église Sainte Sophie incarnait le symbole et le plus éminent monument religieux des empires byzantins et Ottomans. Haut lieu de la foi et du pouvoir sous Justinien, elle personnifiait la puissance impériale et l’église orthodoxe. Devenue une mosquée depuis le XVème siècle, la Basilique Sainte Sophie matérialise le prodige de l’architecture byzantine à travers la décoration intérieure, les colonnes de porphyre ou encore les mosaïques. De son antre, émane l’aura byzantine tant adulée sous les traits de l’empereur Justinien qui a chapeauté l’édifice de la basilique, la plus importante jamais construite à ce moment L’ouvrage architectural de Constantin perce encore Istanbul avec une modernité et une grandeur sans faille comme le prouve le musée Saint Irène, l’un des premiers sanctuaires chrétiens de Byzance. Abritées dans l’enceinte du palais de Topkapi, ses fondations reposent sur  l’emplacement d’un temple païen consacré à Aphrodite et dédié à la paix divine. D’ailleurs en ces lieux a eu lieu le 1er concile œcuménique en 381. Un glorieux testament religieux. Pour autant, le musée saint Irène n’est pas le seul joyau à trôner dans l’enceinte du palais Topkapi. Dans cette ancienne résidence des sultans ottomans, se cache le musée archéologique qui regorge d’antiquités classiques comme le sarcophage d’Alexandre le Grand. Mais aussi les reliques d’un ancien temps, celui de l’Ancien Orient qui rend hommage à l’esthétisme sumérien, babylonien, assyrien, hatti et hittite. A l’image d’un passage temporel, ce musée vous offre une odyssée pimentée de fouilles archéologique qui précipitent l’aventurier dans la magnificence du passé.
Dans la ville, flotte un voile aux couleurs occidentales, favorisé par les influences d’architecture italiennes et françaises du XVIIIème et XIXème siècle gravées sur les bâtiments publics. Mais la patte artistique turque, parfois de velours, caresse toutes ses influences et les façonne à sa griffe. Les louanges du savoir-faire artisanal turc sont chantées à travers de nombreuses collections comme celles des céramiques, des sculptures en bois, des tissus et tapis qui ornent le musée de l’art turc et islamique, ancienne résidence de Soliman le Magnifique.

Ne manquez pas l’ancien hippodrome, centre de la vie publique byzantine, où  ses murs gardent en mémoire les cris de la foule devant les courses de char sur l'esplanade en face de la mosquée bleue, dans le quartier actuel de Sultan Ahmet.  L’obélisque de Théodore, la colonne serpentine, et la colonne de Constantin réveillent le souvenir de cette époque romaine où la future Istanbul n’était que lumière et puissance. Aujourd’hui, cette place cristallise le centre culturel, historique et touristique d’Istanbul.

Les palais

En dessinant le tableau historique stambouliote et la magnificence de son héritage politique et impérial, les palais s’imposent comme l’allégorie du pouvoir et de la puissance d’Istanbul qui rayonnait de lumière et de richesse. Le palais de Topkapi, ancienne résidence des sultans, matérialise l’essence même de la prospérité sultane. Le visiteur est alors enseveli dans un lit d’intrigues et de manigances politiques régies par l’humeur des princes, et submergé par l’abondance de trésors accumulés depuis des siècles par ces derniers. Le harem ou le sanctuaire interdit vêtu de merveilleuses faïences d’Iznik rappelle le visage érotique du pouvoir ottoman.
Mais en 1856, Abdlülmecid Ier  déserte le palais de Topkapi pour s’introniser dans celui de marbre blanc, le palais de Dolmabahçe, le premier de style européen.  Sous le plafond majestueusement habillé de feuille d’or, parade la plus grande collection au monde de lustres en cristal de Bohême et de Baccarat. D’ailleurs un des escaliers est orné d’une rampe en cristal de Baccarat.
La fresque de la période ottomane se dessine aussi sur les murs du palais de Yildiz, petit dernier de l’époque des sultans. Son architecture discrète le différencie des autres, un haut mur parsemé de portes monumentales voila son style. Et pourtant,  il renferme monts et merveilles où les pavillons, les ateliers, les bibliothèques, l’arsenal et le théâtre esquissent les contours d’une ville dans le plus grand parc des palais d’Istanbul.

Les mosquées

mosquée bleue Le visage d’Istanbul s’identifie avec de magnifiques édifices aux silhouettes puissantes qui embrassent le ciel : les mosquées.  La plus célèbre d’entre elles reste la mosquée bleue. Au XIXème siècle, elle cristallisait le point de départ des caravanes des pèlerins vers la Mecque, ce qui explique la présence des six minarets, un privilège puisque seule la Ka’ba en possède sept. Ses carreaux de faïence d’Iznik offrent un spectacle féérique en buvant les rayons de lumière qui les transperce et livrent une lueur bleutée.
Tout aussi majestueuse sur la 3ème colline de l’ancienne Constantinople, jaillit la mosquée de Soliman (Suleymaniye cami), certainement la plus belle d’Istanbul et  l’illustration même du prodige de l’architecte Sinan. Le défilé de coupoles, et les quatre minarets érigés crayonnent le décor de cette mosquée légendaire construite en 1550 en l’honneur du sultan Soliman le magnifique.
Une autre œuvre de l’architecte Sinan, la mosquée de Rüstem Pacha pour le grand Vizir Rüstem Pacha, époux de la fille préférée de Soliman le magnifique. Dressée en plein cœur du quartier des bazars, cette mosquée met en valeur l’art ottoman orné de décorations florales et de faïences d’Iznik sur les revêtements des carreaux.



Julie Verdier
Publié le 18/08/09

Crédits photos : © Julie Tomei

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