Casablanca
La face cachée du Maroc
Symbole inégalé du Maroc moderne, ville au nom évocateur catapultée au rang de capitale économique, Casablanca cultive la différence. Haut-lieu de la culture, deuxième plus grande mosquée du monde, quartiers d’affaires, hôtels de luxe, réseau de transport avancé sont autant de signes d’une ville pas comme les autres. Les touristes ne se pressent pas, du reste, pour découvrir l’illustre « maison blanche », pourtant, elle seule révèle le secret du dynamisme marocain et l’envers du décor du tourisme.
Une ville décidée
A environ 80km au sud de Rabat, Casa pour les intimes est l’incarnation du Maroc d’aujourd’hui. Libérée et décomplexée, ses nombreux bars et boîtes de nuit en vogue sont les témoins d’une vague de liberté qui plane sur la ville et lui font revêtir un visage européen. Elle est énergique et se tourne sans questions vers le monde et l’avenir. Son agglomération abrite 60% des compagnies du pays et près de 4 million d’habitants, lui offrant sans surprise une place au cœur de l’industrie et des affaires du Maroc. Ses habitants puisent chez elle un dynamisme sans limite et une envie viscérale de réussir. Entrepreneuse et compétitive, la ville concentre plus de la moitié des unités productives et de la main d’œuvre industrielle du pays. Côté transport : la zone est extrêmement bien desservie par son aéroport, ses deux gares et son port. Ce dernier est même le premier du Maroc et il assure avec celui de Mohammedia (Ville du « Grand Casablanca » située à 25km au nord) 55% des échanges extérieurs. Il est aussi le quatrième d’Afrique. Son aéroport international Mohamed V est le plus important du pays et sert plus de la moitié des passagers. Et si cela ne suffit pas à vous convaincre de l’importance économique et géopolitique de Casablanca, il ne reste qu’à vous rendre sur place pour prendre de plein fouet l’atmosphère de métropole qui règne dans la ville nouvelle.
En quelques mots, Casa s’inscrit dans l’air du temps et propulse le Maroc sur la scène internationale. Dès le premier coup d’œil, c’est la modernité qui frappe : les immeubles hauts, les petits taxis qui grouillent, les bus, les hommes d’affaires en vitrines des brasseries chics et les avenues aux enseignes modernes qui se détachent. A des lieues de Fès ou Marrakech, ici c’est une impression de grande ville qui n’arrête pas, de capitale urbaine à peine contrastée par une médina un peu délaissée. Ainsi dans les quartiers d’affaires de la ville, les sièges sociaux de grandes entreprises marocaines comme le crédit du Maroc travaillent au coude-à-coude. Congrès et conférences y rassemblent des entrepreneurs illuminés, des boursiers arrivistes et des scientifiques férus du Maroc et d’ailleurs. Ses habitants, les Bidaouis en arabe, Casaouis où Casablancais en français peuvent se targuer d’avoir une des bourses les plus côtés d’Afrique, et pour ceux qui s’en souviennent, d’avoir reçu lors de la conférence d’Anfa en 1943 Churchill, Roosevelt et de Gaulle. Enfin, Casablanca est un point de départ ou un point de chute pour étudiants et carriéristes en tous genres, mais en dehors de la mosquée Hassan II, ses atouts touristiques émettent une bien faible lueur.
Alice Cannet
Publié le 04/11/2009
Crédit photos : © ONMT – Photographes : Xavier Richer et Jacques Bravo



