chateau de vaux le vicomte

Château de Vaux le Vicomte

L'aîné de Versailles

A une heure de Paris, en Seine-et-Marne, le château de Vaux le Vicomte est un véritable chef d'oeuvre du XVIIe siècle conçu, décoré et réalisé par les maîtres de l'époque. Enviée par Louis XIV, la construction était si réussie qu'elle inspira Versailles.

Château de Vaux le Vicomte

Un joyau bien pensé


Placée dans les mains expertes de l’architecte Louis Le Vau, du peintre-décorateur Charles Le Brun et du jardinier-paysagiste André Le Nôtre, la construction du château débuta en 1656 à l’initiative de Nicolas Fouquet. Le Superintendant des Finances de Louis XIV choisit lui-même le lieu, l’architecte, les jardiniers et les artistes-décorateurs. Pour entamer l’édification de l’ambitieuse bâtisse, 500 hectares doivent être dégagés et l’ancien château ainsi que deux hameaux et le village de Vaux rasés.

Disposé sur un axe de 4 kilomètres de long et entouré de douves, le château est composé d’un corps central formé de trois parties. Côté cour, ce sont trois avant-corps et côté jardin, la façade est composée d’une rotonde demi-hors-œuvre. Autour du corps se trouvent deux pavillons carrés qui donnent sur la cour, et face aux jardins se trouvent deux pavillons rectangulaires. Ajoutez à cela, 33 hectares de jardin à la française, dessinés et pensés par Le Nôtre et vous obtiendrez de quoi rendre Louis XIV jaloux au point de vouloir son propre Vaux de Vicomte.

Le site est d’ailleurs classé et sa renommée en a fait un lieu de tournage prisé pour les films de cape et d’épée et les romances sur fond de cour. En tout, 61 tournages ont eu lieu dans l’enceinte du Vaux et cela, en l’espace de 39 ans. De Molière de Laurent Tirard à Marie-Antoinette de Sofia Coppola, du Pacte des Loups de Christophe Gans à L’Homme au Masque de Fer de Randall Wallace, nombreux sont les films qui choisirent ce lieu empreint d’histoire comme décor.  

L’attrait du château pour le cinéma est compréhensible et il suffit de regarder les chiffres : 13 kilomètres de mur d’enceinte, 100 pièces dont 35 ouvertes au public et 2 hectares de toiture. Cela va sans dire que maintenir un tel endroit n’est pas de tout repos. Aussi, les frais de fonctionnement nécessitent 5,5 millions d’euros et l’entretien quelques 100 employés dont 8 jardiniers. Ces derniers sont à la disposition de l’unique famille à avoir possédé l’endroit depuis 1875. Il s’agit des Vogüé, qui, voient défiler 250 000 visiteurs par an venus découvrir l’endroit et profiter de nombreuses animations : concerts et opéra en plein-air, dîners aux chandelles, représentations théâtrales ou encore déjeuners sur l’herbe.

Sur l’herbe, c’est le cas de le dire car, avec ses 33 hectares, le parc du château figure parmi les premiers exemples de jardins à la française. Fort de sa rencontre avec Fouquet alors qu’il a 43 ans, Le Nôtre décide enfin de se donner entièrement au métier à propos duquel il hésitait encore. Véritable magicien de la nature, Le Nôtre a plus d’un tour dans son sac pour tromper l’œil du visiteur et camoufler les défauts naturels du paysage avant de les intégrer à merveille dans son dessin. Autour d’une allée centrale se déploient des jardins semés de parterres et de bassins. Le parc s’étend à perte de vue dans une admirable perspective concrétisée par la statue d’Hercule. Mais c’est au fil de la balade que l’on remarque différents éléments venus troubler la symétrie des lignes la plus absolue. Difficile d’apprécier les distances justement, et trompé par d’imperceptibles perspectives, les lieux prennent une dimension nouvelle et apparaissent sous un angle jusqu’alors invisible aux yeux des promeneurs.


Alice Cannet
Publié le 23/03/2010

Crédits photos : © Yann Arthus Bertrand, Julien Vallé et Eric Pouhier