L’histoire du Père-Lachaise débute quand cette colline à l’extérieur de Paris est choisie pour la première fois comme lieu de résidence au XIIème siècle. L’archevêque de Paris s’y installe et les avantages sont clairs : un accès facile au centre de la grande ville tout en profitant de la campagne verdoyante. Ce dernier lui prête son nom de Mont l’évêque pour un moment.
Un saut dans le temps et ce sont les Jésuites qui débarquent sur l’est parisien, sous Louis XIV. La colline fait guise de présent de dernière minute pour le souverain qui s’y rend à l’improviste et est rebaptisée Mont-Louis. Pendant cette période, un fameux personnage réside dans la grande demeure bâtie sur la colline. Conseiller mais surtout confesseur du roi soleil pendant 34 ans, le père François de la Chaize fait partie intégrante du lieu, et les parisiens ne manquent pas de reconnaître ce personnage. C’est lui qui donnera à l’endroit son appellation finale.
A l’époque, les 200 cimetières de la ville de Paris sont saturés et seulement 20 % des inhumés ont droit à leur concession personnelle. Les autres sont enterrés ensemble d’une manière peu éloignée des fosses communes. Les conditions d’hygiène laissent à désirer et les risques d’épidémie sont forts. Pour remédier à la situation et ne pas s’accabler de ce poids au sein de Paris, de nouveaux lieux sont choisis à l’extérieur de la ville et l’idée du Père-Lachaise voit le jour dès 1801. La construction des cimetières de Montmartre et du Montparnasse au départ en dehors de Paris témoigne de cette même volonté.
C’est donc au début du XIXe que les choses s’accélèrent. Et il ne faut pas attendre bien longtemps pour assister à l’ouverture par Napoléon lui-même du premier cimetière laïc de France le 21 mai 1804. En effet, il est le premier à offrir une place aux pratiquants de toutes les religions sans faire d’exceptions.
C’est ainsi qu’est érigée dans le Père-Lachaise la première mosquée de Paris, 70 ans avant celle du 5ème arrondissement. Le nouveau principe des concessions attire aussi une nouvelle clientèle, plus familiale.
Aujourd’hui, le cimetière innove toujours en accueillant depuis plus d’un siècle un ensemble crématorium-colombarium qui permet les incinérations et la conservation des urnes, pour la première fois en France. Et l’aménagement en 1985 d’un « jardin du souvenir » dans lequel peuvent être dispersées les cendres est une première aussi dans le pays. Finalement, le lieu qui frôle maintenant la légende, connu à travers le monde et sans doute le plus beau cimetière de la capitale, ne décevra pas les amoureux d’histoire et les promeneurs qui s’y attarderont l’espace d’une après-midi.
Alice Cannet
Publié le 07/12/09
Crédit photos: © APPL


