Interview de Sophie Jovillard
Echappées Belles est un des programmes-phares de France 5, diffusé le samedi à 20h35 et rediffusé le dimanche à 10h55. Magazine de voyage et de découverte depuis 2006, l’émission est aujourd’hui entre les mains de Sophie Jovillard, une globetrotteuse qui allie douceur et dynamisme et ouvre les portes du monde et de la France avec un regard « grand angle » sur les paysages et les cultures, et « macro » sur les gens qu’elle rencontre.


De sa voix claire et enjouée, Sophie nous invite à la suivre au bout du monde ou tout près de chez nous, et on se laisse guider avec beaucoup de plaisir. Elle s’exprime avec passion et fait toujours résonner les intonations de l’excitation du voyage, de l’émerveillement. Elle nous parle de ses rencontres, de ses impressions, de ses coups de cœur, comme une bonne copine qui rentre de voyage et nous fait partager ses explorations, ses rêves.
Comment a commencé votre vie de voyageuse ?
Au tout départ, c’est une curiosité assez naturelle qui m’a poussée, l’envie d’aller à la rencontre des gens et qu’ils me racontent leur histoire. Avant Echappées Belles, j’ai beaucoup travaillé dans les régions pour France 3 ce qui fait que j’étais déjà une voyageuse en France. J’aimais sillonner le pays en faisant des magazines de découverte d’abord pour France 3 puis pour la chaîne Voyage. C’est là que j’ai rencontré la société de production Bo Travail !, habituée des émissions de voyages. Puis France 5 m’a sollicitée et j’allais pouvoir ouvrir le champ de mes zones d’exploration.
Comment définir le concept de l’émission Echappées Belles, sa philosophie ?
C’est un magazine de découverte au sens large, puisque le voyage se fait parfois devant chez soi. C’est à travers l’histoire des gens, leurs passions, leur savoir faire qu’on découvre. Voilà pourquoi je suis très souvent accompagnée. Mon but est de faire voyager les gens par procuration et de leur offrir du plaisir. Et c’est quelque chose qui reste accessible : on offre à la fois de l’insolite et des moments un peu rares, et on propose aussi des moments pratiques, simples, de l’ordre du tourisme. C’est un savant mélange entre découverte, originalité, simplicité et proximité avec les gens qui fait le programme. Je ne suis jamais aussi contente que lorsqu’on me dit « grâce à vous, je voyage tous les week-ends alors que je ne peux pas partir pour telle ou telle raison ». Ou bien « je suis allée à tel endroit parce que j’ai vu Echappées Belles ». Là j’ai vraiment l’impression d’avoir rempli ma mission.
Comment l’aventure Echappées Belles a-t-elle commencé pour vous ?
C’est un bébé de 3 ans et demi, on a entamé la 4e saison. Moi, je suis arrivée 4 mois après son lancement. Au départ c’était Stéphane Bouillaud qui tenait l’émission. Puis on a été binômes et il est parti au bout de deux ans, j’ai donc repris l’émission seule avec plaisir. En tournage, ma première émission était une Spéciale Fêtes. Stéphane était dans le froid canadien, et moi aux Grenadine, au soleil à manger des langoustes sur la plage ! Pour le lancement, on a fait un vrai duplex, sans trucages, avec le décalage horaire, et ça a donné quelque chose de très drôle. Je me suis dit qu’avec un démarrage pareil, la suite ne pouvait être que sympa !
Vous êtes toujours entre deux destinations. Le voyage n’est-il pas trop pesant parfois? Comment nourrissez-vous cette passion ?
Je suis toujours émerveillée, et il le faut. Mais ce n’est pas feint, parce que j’ai conscience de la chance que j’ai. Une expérience comme celle-ci, même si elle ne devait durer qu’un temps, est très enrichissante. Je mesure aussi ma chance de travailler sur France 5, qui est la chaine pour laquelle je rêvais de travailler depuis toujours. Et qui plus est pour un magazine de voyages, qui est mon sujet de prédilection. Quand on m’a dit que j’allais travailler pour ce genre de programme sur France 5, c’était l’idéal. Ce serait très mal venu de se plaindre. Tout ce qui touche au temps passé dans les avions, à la gestion du décalage horaire n’est rien face au plaisir et à la satisfaction que cette expérience me procure. Et je vous dis ça sans forcément parler de destinations lointaines. On fait quelques émissions en France et j’étais il y a quelques jours dans le Jura. Les gens on été a-do-rables, ils m’ont accueillie avec une telle gentillesse, une telle générosité ! Que ce soit le responsable du centre Paul Emile Victor, le musher et ses chiens de traineaux, l’éleveur de lamas ou le producteur de Comté. Et ce sera aussi le cas la semaine prochaine en Algérie. Voilà ce qui me fait tenir, je me dis que j’ai de la chance.
Quel a été votre plus grand souvenir de voyage ?
C’est toujours difficile de répondre à ce genre de question. Si j’en choisis un, ça voudrait dire que les autres n’ont pas été marquants ! C’est toujours délicat. Ce que je peux dire c’est que j’ai pris autant de plaisir en Islande, dans des paysages à couper le souffle, qu’à San Francisco ou dans le Jura, et j’ai hâte d’aller au Liban. Il y a de belles personnes partout, dans tous les milieux. Dans la même journée vous pouvez rencontrer un ambassadeur et un pêcheur, sans émettre de jugement de valeur, et ce seront les deux personnes les plus passionnantes de votre séjour. C’est dur de parler d’une seule rencontre. Je me nourris de toutes celles que je fais. C’est en ce sens que le voyage forme et forge, il rend humble et nous pousse à moins nous regarder le nombril en nous ouvrant aux autres. C’est un enrichissement de tous les instants. Je pense aux téléspectateurs qui voyagent dans leur tête, on leur offre un bout de ces destinations rêvées et c’est l’essentiel. Même si l’émission est très préparée, on va à la rencontre des gens sans a priori et on attend de voir sur place avant de déterminer le ton et l’angle du reportage. C’est la philosophie qui lie toute l’équipe.



