Fontevraud la moderne
L’effervescence culturelle
En 1975, le Centre Culturel de l’Ouest est créé sous l’impulsion d’Olivier Guichard. Le site aura désormais une vocation culturelle et devra ravir ses futurs visiteurs. L’innovation devient un souci constant et les projets affluent pour attirer encore plus de monde.
L’été 2010 sera dans cette perspective riche en animations. « À table » par exemple remettra des casseroles dans les cuisines désaffectées et des couverts dans le grand réfectoire, qui n’a plus servi depuis belle lurette. Chaque samedi de juillet et d’août, la table est dressée et ouverte au public pour servir un dîner animé par un hôte de choix (l’historien Jacques Le Goff, le poète et chanteur Dick Annegarn, le compositeur Zad Moultaka…). Une bonne occasion de s’immiscer dans les murs de l’abbaye pour partager un repas tout en assistant à des performances et à des concerts.
Le public pourra également voir Fontevraud d’un autre œil en s’aventurant du côté de la colline, près de l’infirmerie St-Benoît. C’est là qu’a été installée la présentation de Robert d’Arbrissel qui permet d’en apprendre plus sur la fondation de l’abbaye.
L’abbatiale quant à elle accueille des panneaux-tapis depuis peu (mai 2010), couvrant partiellement le sol et permettant au lecteur de mieux comprendre comment Aliénor d’Aquitaine a permis l’essor de l’institution fontevriste. Trois nouvelles personnalités devraient venir compléter le musée éphémère au cours de l’année 2011 (Marie Madeleine Gabrielle de Rochechouart de Mortemart, Julie Sophie d’Antin et Marie de Bretagne) : trois nouvelles voies pour explorer encore de nouveaux aspects de Fontevraud (la Réforme, la Révolution…).
Fin 2011, les six expositions-portrait, ainsi qu’un trésor, devraient donc être installés dans leurs sites attribués. Cela mettrait fin au « musée éphémère » en faisant aboutir le projet à son terme. Les présentations, à la muséographie prenante et remarquablement bien adaptée au sujet, devraient alors rejoindre un nouveau musée, pérenne celui-ci, consacré à l’histoire de Fontevraud dans son intégralité.
Découvrir ainsi les multiples vies de l’abbaye à travers les personnages qui en ont marqués les étapes est judicieux et donne un bon aperçu de la richesse du monument au lourd patrimoine. Mais comment rendre encore plus réel la Fontevraud du XIXe siècle, celle qui a enfermé des milliers de prisonniers ?
Là encore, les têtes pensantes de Fontevraud se sont dépensées et ont mis au point une innovation ambitieuse et futuriste : un « espace multitouch ». Vous vous demandez sûrement ce que ce néologisme désigne et faute d’aller voir la bête dans l’instant, faites-vous en une idée via cette description.
Vous connaissez forcément l’i-pod et son écran à titiller du bout des doigts pour jouer avec les contenus. L’ « espace touch » est à peu près l’équivalent sauf qu’il se la joue moins perso et entend en faire profiter jusqu’à huit personnes, qui, juchées au-dessus de l’écran posé horizontalement sur un socle blanc, batailleront pour avoir leurs propres images et leurs propres documents. On peut certes batailler mais on peut également s’échanger pacifiquement les fenêtres que l’on ouvre du bout des doigts. L’interaction entre les « touchers » est en effet désirée et qui sait, peut-être de nouvelles relations vont-elles se nouer autour de cette technologie à partager !
Au niveau du look, l’« espace-touch », table numérique carrée de 4m50 de côté, est intégrée dans un cube blanc dont les quatre parois sont ajourées tels des stores vénitiens. Implanté dans le transept droit de l’abbatiale, l’ensemble a de quoi étonner au première abord. Mais finalement, les concepteurs ont su intégrer leur bijou dans l’écrin de pierre blanche sans trop de dissonances.
En plus de se fondre dans le décor, l’« espace touch » apporte un vrai complément informatif à la visite in situ de Fontevraud. Aujourd’hui, on peut certes visiter une cité monastique mais guère une prison. En allant expérimenter la technologie, on a alors l’occasion de découvrir l’état du lieu lorsqu’il était amas de cellules. Il faut gratter l’écran, l’astiquer avec insistance pour effacer le plan de l’abbaye restaurée et laisser ainsi apparaître les infrastructures carcérales du passé. La prison réapparaît sous l’impulsion de nos doigts. Plus besoin de maquette, le numérique remplace le visuel par de l’interactif et du tactile pour plus de fun et d’amusement.
Voilà donc un appareil très ludique et original qui n’en est qu’à un stade prototypique. Il devra faire ses preuves et vous convaincre avant d’aller plus loin.
L’abbaye de Fontevraud innove donc en permanence pour faire revivre ce lieu exceptionnel, pour relater son destin unique et pour faire venir jusqu’en Val-de-Loire le plus grand nombre de passionnés de culture et d’amateurs de balades. Expositions originales, nouvelles technologies, événements ; depuis 1975, l’abbaye sait se faire coquette et aguicheuse.
Sophie Graffin
Publié le 16/09/2010
Crédits photos : © S. Graffin ; © David Darrault - CCO
Photos Pays de la Loire : photos abbaye de Fontevraud, photos de Vendée
Partir : Billet avion, hôtel, location voiture, séjour Pays de la Loire, week-end Pays de la Loire, Eurolines, location vacances, restaurant Pays de la Loire, compagnon de voyage Europe- Trajet Nantes Marseille
- Recherche de campings en Vendée
- Recherche un camping avec location mobil home
- Des informations pour camping
- La gastronomie - Que manger en région Pays de la Loire ?
- A voir un cargo échoué sur la plage des Sables d Olonne
- Où dormir pour découvrir les châteaux de la Loire ?
- Avis Saint-Jean-de-Monts ?










