Saint-Malo, p’tit bout de terre antique

Porte d’entrée sur la Bretagne, ici se tient Saint-Malo. Ville taillée dans la pierre, portuaire et historique. D’un p’tit bout de terre antique nommé Alet, la cité a pris son essor jusqu’à devenir cette grande ville qui a vu passer voyageurs et envahisseurs. Elle s’est battue pour sa survie est nous offre aujourd’hui un condensé d’histoire décelable au moindre pavé foulé, dans ses ruelles étroites.

Historique de Saint

Bassin Vauban
Le bassin Vauban

Pour comprendre l’histoire de Saint-Malo, il faut avant tout regarder droit devant soi : vue sur l’horizon, vous touchez la mer du bout des doigts.
C’est autour de cet élément, pour le moins imposant, que la ville se construit. Entre explorateurs, marchands et navigateurs, la ville, ouverte sur le monde, en a tiré bénéfices et désavantages.

Saint-Malo est une ancienne cité gallo-romaine qui émergea au 1er siècle avant Jésus-Christ.
La tradition dit qu’un moine venu du Pays de Galles, nommé Maclow ou Malo, vint dans le pays d’Alet (ancêtre de Saint-Malo) et en devint son évêque au VIe siècle. À sa mort, il fut inhumé au nord dans une presqu’île qui prit alors le nom de Saint-Malo de l’Ile, en hommage au moine.

De par sa position côtière la ville livra une succession de batailles, notamment contre le royaume de France, des faits qui s’expliquent très bien par la devise de la ville « Ni français, ni breton, malouin suis-je". Une phrase qui en dit long sur l’histoire malouine en quête constante d’indépendance.
En 1590, la ville obtient même le statut de cité-état, pour être finalement annexée à la Bretagne en 1594.

Si la ville est connue c’est avant tout pour ses aventures et épopées marines à travers la grande époque des Corsaires (ces navires gouvernementaux toujours prêts aux combats) et ses échanges commerciaux par la mer.
Grâce aux échanges avec l’Inde et la découverte des Amériques, la ville connaît un grand essor et offre des avantages qui en font un lieu de résidence convoité.
De plus des personnages comme Jacques Cartier, l’un des plus grands navigateurs du XVIe siècle, ou encore des intellectuels malouins comme Chateaubriand et Maupertuis, font la renommée de la ville.

Saint-Malo est affaiblie à la Révolution Française puis davantage au XXe siècle, principalement lors de la Seconde Guerre mondiale où la ville est détruite à 80%. Mais les malouins, soucieux du cadre originel de la cité, l’a reconstruiront à l’identique.
C’est ce charme conservé qui rend Saint-Malo si attractive et en fait l’un des hauts lieux du tourisme en France. Dans un grand ensemble fait de pierres de granit issues de l’île de Chausey, le visiteur sera à coup sûr conquis par ce labyrinthe d’étroites ruelles toutes plus charmantes les unes que les autres.

Odeur de mer mouvante, de crêpes au beurre fondu et cris de mouettes résonnants, cheminer dans les rues de Saint-Malo dans une ambiance 100% bretonne permet aussi d’admirer l’incroyable infrastructure du site, entre énormes remparts, château imposant et Forts noyés dans les eaux.

gavottes
Les gavottes de Saint-Malo

Et côté gastronomieaussi la ville porte son histoire, outre les très classiques galettes de Sarrasin et le cidre, propre à toute la région bretonne, à Saint-Malo, vos palais ne manqueront pas d’être émoustillés. Pour cela, attention les dents ! Les caramels au beurre salé que la confiserie Guella réalise à merveille vous régaleront, tout autant que les Patates de Saint-Malo faites à base de pâte d’amande.
Dans la cité malouine vous trouverez aussi les craquelins, ces petits pains creux, à consommer avec de la confiture ou du beurre, sans quoi le met sera sec !
Pensez également à goûter les gavottes, de fines crêpes dentelles au chocolat et les yaourts Malo, sortis tout droit de la laiterie de Saint-Malo connue pour la qualité de ses desserts lactés.

Pour vous initier à la gastronomie malouine, attention à ne pas tomber dans les pièges à touristes. La rue Jacques Cartier offre par exemple un alignement de bars où beaucoup de touristes se ruent. Alors pensez à rechercher en dehors des sentiers battus une crêperie traditionnelle.

Valérie Gautier
Publié le 12/04/2010

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