Ho Chi Minh

Perle de l’Extrême-Orient et cœur économique du Vietnam

Avant de se plonger dans le vacarme de la ville, il faut d’abord faire un retour en arrière sur son histoire. La colonisation, les guerres et le régime post-1975 ont laissé d’innombrables traces dans les rues, créant une personnalité particulière à Ho Chi Minh-Ville. Après une exploration approfondie de cette véritable fourmilière, les environs de la cité vous offriront un havre de paix. Centre vibrant du sud du Vietnam, Ho Chi Minh-ville est la capitale économique du pays. La vaste agglomération regroupe et mélange des influences aussi bien européennes qu’asiatiques.

Aperçu historique

Situé sur les bords de la rivière éponyme, Saigon fut d’abord un petit port nommé Prey Nokor dans le royaume khmer. Des Annamites fuyant la menace chinoise dans le Tonkin s’installent dans la région au XVIIème siècle. Ils prennent le port et le renomme Saigon (qui veut dire « le bois de kapotier », un spécimen d’arbre poussant aux alentours). Au début du XIXème siècle, l’empereur Annamite fait de Saigon sa capitale. Sous prétexte de vouloir protéger des missionnaires catholiques, Napoléon III lance une armée à l’assaut de la ville et le 17 février 1859, Saigon tombe aux mains des troupes françaises. Pourtant à 28 jours en bateau de Marseille, la cité se met peu à peu à la mode de la métropole. Après l’occupation japonaise durant la Seconde Guerre Mondiale, la soif de liberté des habitants est inextinguible et le combat contre le colonisateur français commence, il s’achève avec la défaite française de Dien Bien Phu en mai 1954. Suite aux Accords de Genève, le pays est coupé en deux au niveau du 17éme parallèle : les communistes au nord et les alliés des occidentaux au sud. Saigon devient la capitale de cet Etat du Sud-Vietnam mais la guerre reprend, contre cette fois le protecteur américain. Jusqu’à 100 000 GI’s vivront à Saigon durant le conflit, qui cessera seulement le 30 avril 1975 avec la prise de la ville par les forces communistes. Le 2 juillet 1976, la cité est rebaptisée « Ho Chi Minh-ville », c’est un changement total pour les habitants : collectivisation, gymnastique tous les matins au son des slogans de propagande, fermeture des bars et des discothèques... L’agglomération reste isolée du reste de la planète pendant une dizaine d’années, puis, en 1987, le gouvernement lance la politique de libéralisation « changer pour faire du neuf ». L’essor économique débute, il s’accentue dans les années 90. Aujourd’hui, 40% des exportations du pays passe par le port de Saigon, qui semble être définitivement sur le chemin de la prospérité.
Présentation vidéo

Karl Demyttenaere
Publié le 05/07/2012
Crédits photos : © André Lettau, © Cho Ben Thanh

Le centre

Découvrez les monuments incontournables du centre dans l'avenue Nguyen Huê et au nord de la rue Le Than Ton

L’avenue Nguyen Huê et ses alentours

Pour débuter votre visite, il faut vous remonter l’axe incontournable de la ville : l’avenue Nguyen Nuê. Equivalent vietnamien des Champs-Elysées, cette avenue est longue de 750m et large de 70m. Elle relie le fleuve Saigon au cœur battant de la cité. Si vous commencez votre visite depuis les bords de la rivière, vous pourrez apercevoir la tour Bitexo. Inauguré fin 2010, cet imposant édifice de 262 mètres de haut est le symbole du renouveau économique du pays. Remarquez au 56e étage la structure d’acier en porte-à-faux de 25 mètres qui accueille une plate-forme pour hélicoptère. Sept étages plus bas, une terrasse panoramique est accessible aux visiteurs pour 200 000 Dg (tarifs 2012), à la clé un beau point de vue sur l’agglomération. Pour remonter l’Histoire, il vous suffit de remonter l’avenue. Vous trouverez l’hôtel Rex au carrefour des avenues Nguyen Huê et Le Loi. Durant la guerre, ce bâtiment était le QG des officiers célibataires américains stationnant à Saigon. L’endroit était changé en une véritable forteresse avec d’innombrables sacs de sables et des sentinelles. Depuis sa terrasse au 5éme étage, vous apercevrez l’hôtel de ville. Cet édifice qui semble sortir tout droit d’un parc d’attractions avec son style néo-Renaissance est sans aucun doute le bâtiment le plus polémique de la cité. Certains le jugent trop chargé, d’autres estiment qu’il fait partie du patrimoine de la ville, à vous de vous faire votre opinion ! Construit par l’administration française entre 1902 et 1908, ce palais abrite aujourd’hui le siège du Comité populaire. Le carrefour juste devant ce bâtiment est peut être le plus fréquenté et le plus bruyant de la ville, qui compte pas moins de 4 000 000 de motocyclettes !

Dans la rue adjacente nommée Dong Khoi, vous trouverez le théâtre municipal inauguré en 1900. Son style architectural vous replongera dans la « Belle Epoque ». Les planches de cette salle servirent de scène également aux politiciens du pays puisqu’entre 1955 et 1975, le théâtre accueillait l’Assemblée nationale. Si vous poursuivez dans cette rue, vous découvrirez d’autres vestiges de l’époque coloniale française comme l’hôtel Majestic, où on pouvait autrefois boire un verre à l’estaminet « La Taverne Alsacienne ».

Au nord de la rue Le Than Ton

Si vous restez sur la rue Dong Khoi, en vous éloignant du fleuve, vous vous trouverez face à la Cathédrale Notre-Dame et ses deux clochers en briques rouges venant de Toulouse. Construite de 1877 à 1880 dans un style néo-roman, elle voit ses flèches culminer à 40 mètres au-dessus du sol. Avancez vous jusqu’à la place de Paris pour observer sur le parvis la statue de la Vierge-Marie tenant un globe.

L’immense bâtiment que vous observez sur votre gauche quand vous sortez de la Cathédrale est la poste centrale !

Elle fut bâtie de 1886 à 1891 et l’immense charpente de métal au-dessus de vous est l’œuvre de Gustave Eiffel lui-même. Au fond de la gigantesque salle, vous pourrez voir un portrait d’Ho Chi Minh, fondateur de la nation vietnamienne et qui donna son nom à la ville.

De chaque coté de l’entrée, vous trouverez des cartes anciennes de la cité et de la Cochinchine sous la domination française.

le palais de la Réunification
Le Palais de la Réunification Empruntez la rue Nguyen Du et vous ne pourrez pas manquer, sur votre droite, l’imposant Palais de la Réunification. Sur l’emplacement de l’ancienne résidence des gouverneurs français d’Indochine, ce colossal bâtiment fut commandé par le chef de la République du Vietnam sud, Ngô Dinh Diêm, selon le projet de l'architecte vietnamien Ngô Viet Thu, lauréat du Prix de Rome en 1955. Achevé en 1966, son commanditaire ne vit pas le palais terminé. En effet, Diêm fut assassiné par l’opposition en 1963. L’édifice n’en resta pas moins la résidence présidentielle jusqu'au 30 avril 1975.

Ce jour-là, l’édifice entra dans l’Histoire lorsque les chars de l’avant-garde nord-vietnamienne convergèrent vers lui au moment de la prise de la ville. Un soldat à bord d’un tank T-54 hissa le drapeau Viêt-Cong au balcon du 4éme étage, mettant un point final à la République du sud Vietnam. Depuis cette minute historique, rien n’a changé dans ce palais devenu musée, et vous pourrez d’ailleurs vous en rendre compte en arpentant la salle de réception et celle du Conseil des ministres au rez-de-chaussée ou encore le Salon Rouge du Président Thieu au premier étage.

Théâtre marionnettes sur l'eau
Théâtre des Marionnettes sur l'eau Dragon d'Or Juste en face de ce palais, vous pourrez faire une petite pause distrayante au Théâtre des Marionnettes sur l’Eau Dragon d’or, sur l’avenue Nguyen Thi.
Ce spectacle perpétue une tradition millénaire de théâtre de marionnettes sur l’eau, originaire de la région de la rivière Rouge. L’eau est au cœur du spectacle, illustrant l’importance primordiale de cet élément dans la vie des populations locales. Sur 4m2 d’eau, les personnages vont et viennent, sous les encouragements du public et des chanteurs. Ceux-ci interprètent des morceaux de musique traditionnelle en direct, accompagnés par un petit orchestre. La salle est petite (moins de 150 places) et on s’y bouscule, pensez à réserver ! Le spectacle dure 20 minutes et il vous coûtera 15 000 Dg (2012).

Musée des vestiges de la guerre
Musée des vestiges de la guerre Si vous continuez au nord, vous parviendrez jusqu’au 3éme arrondissement. C’est là que se trouve le Musée des vestiges de la guerre. En effet, peu de pays ont vu leurs noms autant associer à un conflit que le Vietnam.
Avant même d’entrer, vous pourrez contemplez d’imposants engins militaires : des hélicoptères (dont le fameux Bell UH-1 Huey qu’on peut apercevoir dans la plupart des films américains consacrés à la guerre du Vietnam : « Apocalypse Now », « Full Metal Jacket », « Voyage au bout de l’Enfer », « Platoon » etc), des avions (F5 Tiger) des tanks (M48), des pièces d’artilleries etc. A l’intérieur, vous serez confronté à l’horreur de la guerre dans toutes ses formes. Les photos témoignent des atrocités commises durant le conflit, immortalisées par Robert Capa, Sean Flynn, Gilles Caron, Michel Laurent et bien d’autres. Certains critiqueront le manque d’objectivité du musée qui passe sous silence les tortures et les massacres perpétrés côtés Vietcong.
Néanmoins, autrefois nommé « musée des Crimes de guerre américains » celui-ci a été rebaptisé en 1996 pour ne pas faire fuir les touristes venus des Etats-Unis, étant à nouveau autorisés sur le territoire avec la levée de l’embargo décidée par Bill Clinton en mars 1994. En 2011, ils étaient près de 439 000 à visiter le Vietnam (cependant loin derrière les touristes chinois qui furent près de 1 500 000 cette même année).

D’autres musées à voir :
- Le musée Ho Chi Minh (1. Nguyen Tat Thanh)
- Le musée de la Révolution (rue Nam Ky Khoi Nghïa)
- Le musée d’Histoire du Vietnam (2. Nguyen Bien Khien)
- Le musée de la Médecine traditionnelle vietnamienne (41, Hoang Du Khu’o’ng)
- Le musée de la Femme sud-vietnamienne (202, Vo Thj Sau)

Karl Demyttenaere

Publié le 05/07/2012
Crédits photos : © Andre Lettau, © Michaël Mouton