Hiva Oa

L'arrivée sur Hiva Oa est vraiment magique. Les Marquises sont des iles volcaniques comme toutes celles de Polynésie, mais étant plus récentes elles ne possèdent pas de barrière de corail donc pas de lagon. Ce sont des montagnes verdoyantes qui se jettent dans la mer, comme le mont Temetiu qui culmine à 1276m.

île volcanique de Hiva Oa

A peine arrivé un jeune me prête son vélo, ce qui me permet de rejoindre le vilage de Taaoa et son site archéologique, à 7km de piste tape-cul de Atuona.

Il plane ici un air de début du monde : dans l'herbe a poussé une petite église où dieu se cache sûrement, une plus bas se dessine une crique violentée par les vagues, et tous les habitants sont rassemblés dans ce morceau d'eden insouciant. Les femmes sont entre elles, et les hommes jouent à la pétanque...

Le site archéologique 1500m plus haut est surprenant et nécessite un sacré coup de pédale. Il s'agit de pae-pae, se mélangeant à la végétation luxuriante (banians, cocotiers, purao...). Au centre règne un tiki, genre de petit moaï en basalte, servant probablement d'interface entre les dieux et les hommes.

Au retour un ouvrier m'invite à boire une Hinano sur la route surplombant Atuona. Il travaille sur la gigantesque antenne satellite qui relie l'île au monde extérieur et qui ajoute encore un aspect surnaturel au paysage. Le soir j'ai la chance d'assister à une répétition de musique et de danse effectuée par les jeunes du village ; la grâce, le sens du rythme et le respect des racines sont au rendez-vous, et pour moi la répétition est un vrai spectacle.

Le lendemain je me perds en randonnée, et passe la journée sous un déluge à tenter de contourner des cours d'eau débordant de tous côtés. Je reviens complètement lessivé, et m'aperçois que la douche n'offre rien d'autre qu'une eau jaunâtre et froide avec des bouts de bois.
Elle a ce goût délicieux du voyage.

Il fait nuit, il pleut, je n'ai plus d'eau, je suis sale, les moustiques se sont réfugiés avec moi, j'ai faim, et s'il y a une boutique elle n'est pas ouverte. Par miracle le camion à pizza local propose du punu pua toro, c'est à dire un genre de corned-beef en sauce avec du pain, et une bouteille de liquide orange fluo certifié potable par le conducteur-cuisinier.

Stèle de Jacques BrelLe troisième jour est le dernier. Je crapahute jusqu'au cimetière du Calvaire déposer une fleur de tiaré sur les tombes de Jacques Brel et de Paul Gauguin. Ils ont une sacrée belle vue d'ici.

Je fais un peu marcher le commerce d'artisanat local (le bois, la pierre volcanique et même l'os sont superbement travaillés, et avec une identité puissante) avant de me rendre à l'aéroport. Le vol est retardé de quelques heures, la brume empêchant le petit ATR-42 de se poser. Quoiqu'il en soit la stèle de Brel nous rappelle : "Veux-tu que je te dise, gémir n'est pas de mise... aux Marquises". J'en profite alors pour sympathiser avec un français de France. Il a quitté 7 années de travail dans la finance et est devenu journaliste pour des magazines de plongée, trimbalant ainsi matériel photo (caisson compris bien sûr) et matériel de plongée aux quatre coins de la planète.

Nuku Hiva

Encore un atterrissage splendide, justifiant à lui seul le trajet jusqu'ici! Quelques chevaux sauvages paissent tranquillement sur cette montagne jaillie de la mer. Mais c'est habité ici?!

Nuku Hiva

Fraîchement décollé du hublot je me retrouve donc sur le côté nord de l'île, seul endroit à pouvoir accueillir la piste. Ainsi il s'agit de l'aéroport le plus éloigné au monde de sa ville : 4H de 4x4 pour atteindre la belle Taiohae dans sa baie! Il n'y a que quelques kilomètres de route asphaltée, grandissant un peu plus avant chaque élection (l'art de la politique est universel...).

Cependant le parcours est fabuleux, les paysages morcelés sont grandioses, et il ne faut pas avoir le vertige... Pour le double du prix seulement et 20min de vol je prendrais l'hélicoptère à mon retour. Les quelques jours ici sont inoubliables et denses. Magnifiques randonnées sur le Mont Muake à 864m d'altitude et vers l'impressionante cascade Vaipo (l'une des plus hautes au monde : 350m!), location d'un 4x4 pour rejoindre Aakapa, découverte du village du bout du monde qui séduisit Stevenson, Hatiheu, et surtout deux plongées mémorables...

Une durant laquelle j'ai vu plusieurs requins-marteaux à festons, puis une balade avec une espèce endémique à l'île : les dauphins Electre. Deux sorties à la fois angoissantes et surnaturelles... Le journaliste était avec moi et s'est régalé, cela m'a d'ailleurs donné envie de faire son boulot... Lorsque l'on découvre ces lieux sublimes où la Nature règne dans toute sa splendeur, il n'y a que la photographie pour témoigner de sa beauté.

J'ai suivi 5 années d'études en génomique? Qu'à cela ne tienne, je serais photographe.

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